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C’est un fait : certains entraineurs du TOP 14 font rien qu’à embêter le patron du rugby français. Sous prétexte que des arbitres hypermétropes et ventrus réduisent à néant des années entières de labeur en sifflant trop, trop peu ou trop mal ; et sous prétexte que les bureaucrates de l’ovalie élaborent des calendriers abracadabrants, les Berbizier, Saint-André, Novès et autres coaches atrabilaires en veulent à mort à Pierre-Yves Revol. Il y a une paire de semaines, ce dernier s’est ému de la colère de la Berbize, en regrettant que les paroles du manager du Racing s’apparentent au comportement des pires entraineurs de football. Quelques jours auparavant, le même redresseur de torts se félicitait dans la presse de profiter de la baisse de fréquentation des stades de foot pour remplir les tribunes du Top 14. Autant vouloir le beurre sans le cholestérol, et l’argent du beurre sans les frais bancaires.
Ces querelles ne porteraient pas à conséquence si elle ne reflétaient pas aussi clairement le retour à l’ordre moral opéré par les ayatollahs de l’ovalie. Désormais jugés à l’aune d’une tradition rugbystique façonnée par les banquiers et les publicitaires, les spectateurs qui sifflent les buteurs sont fustigés (alors que la chose se pratique en France depuis la fin du XIXe siècle), les entraineurs qui contestent les décisions des arbitres sont dénigrés (alors que dans les années 1910 on les laissait poursuivre les mauvais arbitres avec les spectateurs en agitant leur canne et leur parapluie) ; et les amateurs qui regrettent le temps où 80% des effectifs étaient composés de joueurs formés au club, passent dans les meilleur des cas pour de dangereux réactionnaires.
J’ignore comment tout cela finira, mais en relisant hier la célèbre citation de Chris Laidlaw, le grand n°9 All Black des 60’s, : « Rugby et bière sont plus ou moins synonymes », je me suis demandé pour la première fois si la bière en question était bien celle qui coule des tireuses.
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