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Le ministère du budget fait tout ce qu’il peut pour accélérer l’adoption de la loi libérant la concurrence en matière de paris sportifs et de jeux d’argent sur internet. L’objectif est simple : légiférer avant le début de la coupe du monde de football.
Ainsi, dans quelques semaines, ceux qui se contentaient de mettre en jeu leur porte-monnaie, leurs vêtements ou leur honneur avec des phrases du type : « Je te parie ma chemise que Parra va se faire manger par Kelleher », ou bien « Si Castres va en finale, je fais dix fois le tour de la place du Capitole à poil sur un vélib’» ou encore « Si Oyonnax monte en TOP 14, je te paie l’apéro tous les soirs pendant deux ans », pourront carrément jouer leur salaire, leur ménage et leur livret A sur internet. La chose est moins conviviale, mais plus efficace, pour qui aspire à la banqueroute personnelle. Le plus terrible dans cette affaire, c’est que le pari sportif fabrique des supporters vicelards, capables de désirer sincèrement la victoire de leur équipe tout en misant leur bourse sur l’adversaire.
Bientôt, les Biarrots jureront le matin leur attachement indéfectible au B.O, et parieront, le soir venu, en cachette derrière leur ordinateur, sur une victoire de l’Aviron Bayonnais, simplement parce que la cote est intéressante. Bientôt les Marseillais prieront la bonne mère pour le succès de l’OM et parieront sur le PSG pour se payer une bagnole neuve. Cela paraît inimaginable et pourtant, à voir le succès rencontré dans le monde par le pari sportif en ligne, il y a de fortes chances qu’il connaisse le même sort en France.
À cela, il n’est rien à faire, et je parie ce que vous voulez que le sport en général, et le rugby en particulier, n’y gagneront rien que des emmerdes.
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