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Après des mois de réflexion, et après lecture de plusieurs rapports alarmants traitant du niveau des écoliers, des collégiens et des lycéens, le ministre de l’Éducation, Luc Chatel, a dévoilé cette semaine son plan pour redorer le blason du système éducatif français. Mesure phare du dispositif : la suppression des cours de l’après-midi au lycée, au profit d’activités sportives. À première vue, la proposition m’est apparue absurde.
Mais à y regarder de plus près… elle m’est apparue absurde aussi. Alors, depuis des jours, j’épluche la presse, je lis les rapports de l’institut Montaigne, j’essaie d’établir un quelconque lien entre le passement de jambes et la littérature française, la course à pieds et le programme de physique-chimie de 2nde, le saut en hauteur et l’Histoire de la Première Guerre mondiale, ou la maîtrise de la lecture et le lancer de javelot… En vain.
Ce n’est qu’à la (re)lecture des feuilles de match des demi-finales du TOP 14, que j’ai enfin compris où le ministre voulait en venir : s’apercevant ce week-end-là que 6 piliers titulaires sur 8 étaient étrangers, que 3 ouvreurs sur 4 et 100% des n°8 l’étaient aussi, le ministre de l’éducation a imaginé un plan machiavélique pour relancer la production française de piliers, de flankers et d’ouvreurs, en rendant le sport obligatoire pour les lycéens, tous les jours après 13 heures. Au billard, on appelle ça un coup en trois bandes. En politique, de la vision.
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