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À choisir, j’aimerais mieux être un ancien patron du FMI accusé de viol plutôt qu’un producteur de concombres soupçonné de propager une bactérie tueuse. C’est pas tellement que je privilégie le costume à la chemise à carreaux ou les lofts de Manhattan aux fermettes en pierre du Val-de-Loire, mais à tout prendre je préfère opter pour la situation qui offre le plus grand respect de la présomption d’innocence. Car si l’on trouvera toujours un ami fidèle du patron du FMI pour appeler au respect de la présomption d’innocence, on ne trouvera jamais un copain du concombre capable d’en faire autant. Alors, pendant que se déchirent les avocats de la soubrette présumée victime et les défenseurs du Directeur présumé satyre, on condamne sans preuve des paysans, producteurs de concombres, de salades ou de graines germées, en substituant le principe de précaution à la présomption d’innocence.
Je me console en me disant que les responsables de la faillite de ces centaines d’agriculteurs finiront par payer. Le concombre reproche, c’est bien connu, et le reproche, c’est pas loin de la rancune.
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