Il y a des choses qui parfois nous semblent si évidentes quelles font partie de cet inconscient collectif contre lequel il est très difficile de lutter. Le prix des légumes est une de ces idées reçues bien ancrée dans nos têtes. Les légumes ne doivent pas être chers, ce ne sont que des légumes. La chose peut paraître anodine, mais qui n’a pas un jour rouspété contre le prix d’une salade, d’une botte de carottes, ou d’un kilo de pommes de terre, jugé exorbitant, pour ce genre d’aliments, qui après tout ne sont qu’un accompagnement. Vous pensez que ce ne sont pas des produits nobles, qu’ils ne méritent pas votre considération ; vous êtes prêts à payer très cher de la viande, du poisson, des vins, mais pas des légumes. Mais savez vous le travail que demande la culture de ces légumes ? Je vous parle de culture traditionnelle, sans ajouts de pesticides à outrance, pas de ces surproductions sous serres à perte de vue, où tout est programmé, saveur, couleur, taille et prix. Connaissez vous les contraintes du respect d’une saisonnalité qui nous offre à chaque fois les fruits et les légumes de proximité et respectueux d’une croissance naturelle. Il y a peut être une image des légumes intimement rattachée à celle d’une paysannerie, archaïque et pauvre, dont la survie passait pas une culture et une consommation exclusivement dépendante de cet aliment. Regardez le topinambour, le seul fait d’avoir été une des seules denrées disponibles pendant la guerre, l’a projeté dans l’oubli et le rejet le plus total, son goût et sa saveur avec. Il serait pour certains, même incroyable qu’on puisse le vendre aujourd’hui.
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