Le matin dans les cuisines du restaurant le J’GO, on entend parfois des chants se mélanger aux parfums des cuissons, aux frémissements des fonds de sauces dans les marmites ou aux cisèlement des légumes.
C’est un peu comme la bande son du film. La musique est importante dans un film, en cuisine aussi. Il y a une musique naturelle, faite des entrechoquements des ustensiles, des murmures des mijotages, des saisissements des viandes, du brisement des carcasses, de la liaison des sauces, de la fonte de la graisse, du frétillement des frites.
Écoutez bien, cette musique là sonne magnifiquement bien, une symphonie où chaque musicien, joue sans partition, ou chaque accord donne naissance à une saveur, à un goût, à une texture nouvelle.
Parfois, l’orchestre des cuisines s’attache les services d’un chœur, bien souvent féminin. La représentation est alors sublimée, les cuisinières se mettent à fredonner, puis à chantonner, chacune sa chanson. Peu à peu les chants se rejoignent, les cuissons exultent, les parfums explosent et le chœur est en parfaite harmonie avec la musique de la cuisine.
Si la musique adoucit les mœurs, le chant des cuisinières doit surement attendrir les viandes, être un exhausteur des goûts et capteur de parfums.
D’ailleurs si vous prêtez bien l’oreille, je suis sur que votre souris d’agneau chantonne encore.
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