Devant le cuisinier douze galettes de pâte, nue et dorée, attendaient en silence, après avoir été une à une tendrement étalée.
Les pommes avaient été préalablement découpées en lamelles.
Le geste était lent et précis.
Tel un maître de Mikado, du cœur de la galette vers son extérieur, une à une et en les faisant se chevaucher, les lamelles s’assemblent sous les doigts du cuisinier.
Fragile spirale de cette saveur aigre douce des pommes granit qui monte peu à peu.
Fragile moment aussi celui de la pose de ce chapeau pommesque pour finir d’habiller la belle.
- Tu vois petit, dit le chef en s’adressant à son apprenti, les pommes ne doivent pas dépasser de la pâte, juste à fleur, sinon elle brûle.
Il y avait beaucoup d’amour et de rigueur dans ses mots.
Quelques minutes et la chaleur du four en plus, ont fait que de puis ce jour, je ne demande plus au J’Go que des rosaces aux pommes.
Respect oblige.
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