Ce jour là au restaurant, l’ambiance était plutôt tendue, à la table numéro 54. Les quatre amis c’étaient donné rendez vous dix ans après leur séparation.
Ils s’étaient plus ou moins perdus de vue, chemins professionnels différents, choix affectifs et familiaux faisant le reste. Les brouilles et les incompréhensions s’étaient mêlées à tout ça, le temps et les « on verra plus tard », avaient enveloppé le tout.
Ils étaient là tous les quatre, à la fois heureux de se retrouver, mais aussi un peu gênés et maladroits, comme des enfants ne trouvant pas toujours leurs premiers mots.
Les entrées qu’ils avaient commandées eurent un effet apaisant et presque libérateur, en ce mois d’hiver : velouté de potimarron.
Le plats qui suivirent apportèrent des couleurs dans les assiettes, des saveurs dans les palais et de la lumière dans les yeux des quatre amis : poêlée de pâtes et œuf poché.
Le vin, un côte de Gascogne, ouvrit les dernières portes de leurs cœurs et balaya les derniers doutes.
Quand le dessert arriva, du pain perdu et sa confiture de coing, les souvenirs de leur enfance envahirent les territoires de leur mémoire où mille détails faisaient alors leurs vies.
A la fin du repas, personne ne voulait partir. Le temps s’étirait comme la douceur du baiser d’une mère que l’on garde éternellement en soi.
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