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P.A.C. du Prince
Mon amitié pour les Anglais s’arrête généralement à l’entrée des stades et à la porte des restaurants. Les chiffres publiés fin avril par le ministère de l’Agriculture n’ont fait que renforcer ma défiance, qui révèlent que le Prince Charles a reçu l’an dernier 181485,54 £ de subventions européennes pour ses terres agricoles. Gardons-nous cependant, de condamner trop vite le futur roi d’Angleterre, qui, à y regarder de plus près, n’est pas si éloigné de nos préoccupations. J’en veux pour preuve le livre de cuisine édité il y a deux ans par ses soins, dans lequel il évoque avec émotion le cake aux noix et dattes de la reine mère, défend la saveur de la viande de mouton, et prône une approche raisonnée de l’agriculture fondée sur le respect des saisons et du goût des produits. On y découvre en outre que le souverain oublie les tourments de la vie politique et les attaques des tabloïds, en taillant le bout de gras avec les légumes de son potager, qui restent les sujets les plus dociles de son bouillonnant royaume. Un homme qui pleure les plats de son enfance et parle aux légumes ne pouvant être foncièrement mauvais, il est temps de faire la paix avec nos cousins d’outre-Manche et d’engager une nouvelle entente cordiale fondée sur la gastronomie, le bien manger et le bon vivre. Oublions Waterloo, faisons mine de ne plus savoir ce qu’Austerlitz veut dire, et invitons à notre table cet autre grand Charles qui donne aux Gascons une bonne raison d’aimer les Anglais… au moins jusqu’au prochain Tournoi.
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