Je connaissais la pause café, la pause détente, la pause repas, la pause lecture, la pause silence et la pause tout court. A la terrasse du restaurant du J’GO, serveurs, cuisiniers, boucher et légumier, assis autour des tonneaux pratiquaient une pause, peu connue des citadins pressés : la pause haricots Tarbais. Car c’est une tradition au J’GO, les Tarbais sont écossés un à un, par tout le personnel, non pas comme une corvée supplémentaire, mais comme la transmission d’une mémoire. Quel bonheur ! Car je m’y suis mis aussi. Le geste est simple, le légume généreux, le toucher est doux, on l’avait presque oublié. Petit à petit, on ne regarde presque plus les causses, les mains les éventrent avec une cadence et une précision ancestrale. Ces gestes là, finalement même si on les a peu ou jamais pratiqués, deviennent naturels. Mais la plus belle des choses reste les conversations qui se tissent durant cette pause «haricotesque». Le soleil et une douce brise faisaient de ce trottoir toulousain, la plus belle des places de village, la plus accueillante des cuisines d’autrefois, le plus beau des partages. Les passants parfois surpris, souvent pressés, n’osaient pas, malgré l’invitation, à ce joindre à nous. - Pas le temps, pas le temps….. - C’est bien payé ? Juste cinq minutes à écosser les haricots, vous verrez. Pause.
|