Durant des années, la personnalité et la spécificité du rugby à la française se sont, pour beaucoup, forgées dans la rencontre entre ce sport et le monde rural. Les exemples sont nombreux, comme la famille Spanghero, dans les années 70. Ce n’est pas une coïncidence, s’il existe des liens très forts qui unissent ces deux mondes. Des similitudes ont toujours existé entre la pratique du jeu et l’activité à la campagne. Dans les deux cas, on parle d’un travail de vaillance, de force, de constance, et d’une volonté d’abnégation. Comme au jeu, le travail de la terre repose aussi sur un esprit collectif. Les plaisirs de la vie et particulièrement de la table font partie de ces valeurs. Manger ensemble, un moment privilégié où l’on se retrouve pour parler de tout et de rien, pour se sentir bien. L’heure du repas est une véritable messe dans le Sud Ouest. Un office qui peut durer des heures et des heures ! Le J’GO est une de ces chapelles où l’on aime se retrouver. Pour tous ces petits bonheurs de la vie. C’est tout naturellement que nous avons proposé à Yannick Jauzion de venir partager un de ces instants privilégiés, autour d’un bon repas. Comme les Spanghero, le trois quart centre international du Stade Toulousain est issu d’un milieu rural. Sa famille exploite une ferme agricole et élève des agneaux pour la production de lait, dans le Tarn, depuis plus de trois générations. « Cette exploitation est un vrai patrimoine auquel je suis très attaché. Après le rugby, j’y reviendrai, c’est certain. La terre, c’est ma vie. Et je comprends la démarche du J’Go. J’aime le J’GO pour sa philosophie, cette approche et cette façon de travailler avec les producteurs et les hommes de la terre » explique l’international français, tout en dégustant un gigot de Doublon de Barèges Gavarnie (1) dont il découvre la saveur si particulière. Yannick sait d’où il vient et il le revendique : « la force de mes parents, est d’avoir fait de nous des amoureux de la terre. Mes deux soeurs et moi sommes sortis d’un même moule, avec l’attachement à nos racines et au travail bien fait. » Le joueur du Stade Toulousain a retrouvé, dans l’apprentissage du rugby, ce qu’il vivait sur sa terre. « J’ai toujours veillé au respect d’un principe acquis en famille : à partir du moment où l’on vous fait confiance, il ne faut surtout pas la trahir. On m’a accordé cette confiance dans les clubs, à Graulhet, à Colomiers, aujourd’hui au Stade et en équipe de France. C’est pourquoi j’ai toujours besoin de prouver, d’exploser, de m’éclater, de faire plaisir et, en retour, de donner du plaisir. En un mot, avec le rugby, j’ai les moyens de vivre de ma passion... Avant de revenir aux sources. » Conclut l’ingénieur en agronomie. -------- (1) Mouton castré qui a connu au moins deux estives successives. Mouton AOC.
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