La porte du restaurant était ouverte, ce n’était pas normal en plein mois de février. Je rentrais pourtant comme à mon habitude, bien décidé à partager ce fameux cassoulet de haricots tarbais aux deux confits, avec mes amis, à qui j’avais donné rendez vous.
Personne, il n’y avait personne, ni pour m’accueillir, ni dans la salle. Pas un client, pas un serveur. Toutes les tables étaient pourtant dressées. Un étrange silence remplissait l’espace. Je traversais la vaste pièce pour me rendre dans les cuisines.
Même vide, même silence. Les fourneaux étaient éteints, aucune marmite, aucune poêle, aucune casserole. La vie avait disparue. Aucun bouillonnement, aucun crépitement, aucun fumet, aucune odeur de bouillons, de sauces, de viandes, de légumes.
Que se passait-il ? Je sentais une angoisse m’envahir. Adieu porcs noirs, agneaux, poulets et canards. Plus de Pastifret, plus de foie gras, plus de magrets, plus d’épaule d’agneau, plus de gigot à la broche, plus de légumes de saison. Ah ! Non plus de pain perdu ?
Non, non, non…… !
Le réveil fut brutal, j’étais en nage. Impossible de me rendormir, il était quatre heures du matin, je n’avais qu’une hâte, c’était de voir arriver le matin pour téléphoner très vite au restaurant et réserver une table.
Curieusement, j’avais faim.
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