Les confessions de comptoir de bistrot sont souvent des confessions de vie, de tous les jours, de celles qui vous accompagnent de chagrin en chagrin, de joie en soucie, d’espoir en inquiétude. Mon ami, Jean-Marc, me confia ce jour là, lors d’un repas de comptoir, de partage et de fragiles confessions, cette phrase de sa fille Julie, partie il y a tout juste deux semaines pour le Mexique. Plus exactement à Txalara, petit village indien au milieu de la jungle. Il en faut, à vingt ans, du courage, de l’engagement, des valeurs humaines et une profonde vérité en soi pour partir ainsi. Car là bas dans la jungle il n’y a rien. Il n’y a rien de ce que nous avons. Ce n’est pas la même chose. Julie n’est pas allée chercher, l’électricité dans toutes les pièces, l’eau chaude à tout moment, le frigidaire rempli du superflu et des échanges chargés de suspicions. Elle est allée rejoindre pour six mois un peuple pour qui le mot partage a encore un sens. Des hommes et des femmes pour qui la culture, la tradition et les valeurs humaines ne reposent pas que sur une démarche économique mais participent et sont les fondements de celle ci. Jean Marc et moi avons trinqué à Julie, à ce partage.
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