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Cela peut paraître absurde, mais c’est par la grâce de la graisse de canard que j’ai trouvé pour la première fois un peu de logique à l’expérience étrange que constitue le radicalisme moderne dans la vie politique française. Jusqu’à présent, la cohérence de cette mouvance coupée en deux, dont l’hémisphère gauche fit perdre la présidentielle à Lionel Jospin en 2002 (sans doute par souci de progressisme) et l’hémisphère droit joue ces jours-ci à faire déchanter le parti majoritaire du président Sarkozy (sans doute par zèle républicain), avait autant de mal à m’apparaître que celle des Barbarians français la semaine dernière face aux Pumas, qui n’ont rien trouvé de mieux pour faire vivre le french flair dont ils sont garants, que de tenter la plupart des pénalités au pied plutôt que de les jouer à la main.
Mais tout a changé ce matin, à la lecture d’un article consacré aux énergies nouvelles. Un journaliste y expliquait en détail comment une poignée d’agriculteurs installés en Dordogne expérimentait depuis quelques mois la création d’un carburant issu de la transformation de la graisse de canard. L’initiative a semble-t-il retenu l’attention du gouvernement, pour des raisons qui me sont restées incompréhensibles jusqu’à la découverte dans le même journal des conseils alimentaires du Professeur Khayat, le toubib des stars. Pour ce dernier, la graisse de canard est, après la grenade, l’aliment le plus bénéfique pour la santé, principalement parce qu’il piège les radicaux libres. Si j’étais Jean-Louis Borloo, je me méfierais.
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