Les chefs doivent, paraît-il donner l’exemple. Les ministres ne devraient pas échapper à cette règle, mais c’est parfois loin d’être le cas.
Le 22 février 2011, Monsieur Bruno Le Maire, notre ministre de l’agriculture, lors d’une prestation télévisée, reconnaissait ignorer à quelle époque on ramassait les poires, confondait une vache limousine avec une blonde d’Aquitaine et n’avait pas la moindre idée de la superficie d’un hectare. Certes, ce ne sont pas les questions posées au concours de l’ENA, mais on comprend parfois combien le fossé qui sépare un bureau ministériel d’une exploitation agricole peut être abyssal.
Car finalement, on pourrait croire qu’un porc noir est un porc africain, qu’un agneau du Quercy est élevé quelque part entre le Cantal et la Bretagne, que les canards de la maison Paris gambadent en toute liberté en haut des Champs Élysées, que le Pastifret est une marque de chewing-gum qui donne bonne haleine, que le topinambour est un poison foudroyant contre les taupes, que le panais est un enfant prématuré, que les jeunes pousses sont les extrémités des mains juvéniles et que le pain perdu est un morceau de quignon abandonné par ses parents.
Non, j’exagère, on ne peut pas tout savoir, car moi non plus je ne sais pas ce que c’est qu’une déséconomie d’échelle, un individualisme économique ou une mésoéconomie. Je vous laisse chercher.
Par contre chaque fois que je commande du pain perdu au dessert, c’est pour, un peu, retrouver mon enfance.
|