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Par chez nous et par les temps qui courent, il ne fait pas bon être Éric Woerth ou footballeur international français. Ces positions sociales encore enviables il y a quelques mois comptent désormais parmi les plus inconfortables du monde. Si l’on cherche encore dans le monde politique un parangon de vertu susceptible de remplacer le ministre du Travail dans le cœur des Français, la figure immaculée du rugbyman n’a pas tardé à supplanter l’image écornée du footeux.
Ainsi, par la grâce d’une rupture de circonstance entre l’équipe de France de football et 60 millions de sélectionneurs en colère, le rugby apparaît dans les médias de masse comme un antidote merveilleux à la maladie du ballon rond. En volant de main en main d’un côté du terrain à l’autre, le ballon ovale y véhicule des valeurs de respect, de sacrifice, d’abnégation et de solidarité qui font briller les yeux des annonceurs spoliés par les parties fines et les piquets de grève des Bleus.
Trop heureux de se trouver enfin du bon côté de la fontaine à biftons, le mundillo rugbystique omet de préciser que le sel du rugby réside principalement dans le tirage de parties génitales sous la mêlée, le maul écroulé illicitement, le plaquage sans ballon, les arbitres trompés par des demi de mêlées vicieux comme des footballeurs italiens, les repas d’avant-match empoisonnés la veille d’une finale de coupe du Monde, et les concours de glaçons explosés à coups de tronche sur les comptoirs de bistrots.
Que les parents le sachent qui, écœurés par le ballon rond, s’apprêtent à inscrire leur enfant à l’école de rugby : si ce sport est préférable à tout autre, ce n’est pas parce qu’il demeure à l’abri des perversions, des tricheries, des lâchetés, de la cupidité et des injustices, mais parce qu’en les intégrant toutes avec parcimonie, il est celui qui reproduit le plus fidèlement les réalités de l’existence.
*Dès la semaine prochaine et jusqu’à la fin du mois d’août, l’ego du J’Go passe en mode vacances avec la suite de la série des pastiches de l’été, dont les premiers épisodes publiés sur ce site en août 2009, son consultables sur les archives de l’égo du J’Go.
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