Avez vous déjà regardé les différentes façons de manger des convives dans un restaurant ? Il y a les impatients, ceux qui à peine avoir passé la commande, voudraient déjà en être au café. Peu importe les goûts et les saveurs des plats, seul le temps qui leur est imparti règle leur repas. On trouve les distraits, qui ne trouvent pas leur place, papillonnent avec leurs yeux de table en table, se retrouvent avec la carte entre les mains, sans savoir qui leur a donné et qui ponctuent le repas d’une douce maladresse. Pour les maniaques, la mesure et le calcul de chaque chose deviennent le seul intérêt de la soirée. Assiettes, couverts, serviette, pain, vin, sel, poivre, tout doit être à sa place. Le service est soumis à la torture et le moindre écart déclenche mille salves de critiques. Le plaisir ne fait pas partie de l’histoire. Puis il y a ceux dont la subtilité enveloppe tous leurs faits et gestes. Manger devient alors un plaisir absolu, chaque plat a été désiré et attendu avec envie. Chaque bouchée sublime leur palais, révèle des sensations, déclenche des sourires malicieux. La mastication est lente, presque précise, les gestes sont posés et harmonieux. Tout est en équation et ça fait du bien. Les détails sont bien souvent des signes qui ne trompent pas, bien manger est alors aussi important que cuisiner.
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