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Débine idylle
Un chef d’État, en théorie, ça cherche à marquer de son empreinte l’Histoire du pays qu’il dirige. La chose se vérifie partout dans le monde, à part en France, ou les présidents de la Ve République ne pensent qu’à une chose : laisser une trace dans la littérature. de Gaulle et Pompidou y sont parvenus, le premier avec ses mémoires, le second avec son anthologie de la poésie française. Giscard, en revanche, éprouve plus de difficultés à entrer dans le Lagarde et Michard qu’à l’Académie Française. J’en veux pour preuve son œuvre intitulée « Traité établissant une constitution pour l’Europe », rejetée par referendum en France en 2005, et son nouveau roman « Le président et la princesse », moqué par la presse du monde entier, qui se tient les côtes en imaginant une idylle entre le châtelain de Chanonat et la princesse de Galles.
Personnellement je ne vois pas pourquoi on interdirait à Giscard le droit de séduire Lady Di alors qu’on laisse François-Henri Pinaud tripoter Salma Hayek. Bien sûr, on imagine mal le vieil auvergnat compter fleurette à la jeune british, comme on se figure mal une fourme d’Ambert défraichie à la menthe fraiche, ou un cantal vieux aux œufs frais brouillés et bacon.
Il n’y a guère que le J’Go ici bas, qui sache unir les gens et les choses, qui de tartares de tomates aux câpres en poivrons farcis aux fritons, réunit les contraires, suggère les étreintes et favorise les dîners langoureux. J’invite ainsi M. Giscard d’Estaing à rejoindre la table du J’Go, qui bien que dénuée de rois ou de reines, est riche de grandes âmes et de grands seigneurs.
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