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Parce qu’elle ne jure que par l’action, le zèle, le changement et l’activité, notre société méprise le retraité, en oubliant que derrière chaque inactif subventionné se cache un ancien actif cotisant.
Cette ingratitude est d’autant plus injuste que nos anciens sont les derniers individus de ce temps à jouir pleinement de leur liberté d’action, de pensée et de parole. Débarrassés de toute pression sociale, ils sont désormais les seuls à l’ouvrir pour produire autre chose que de la langue de bois, des phrases plates ou des mots creux. Floyd Landis n’a-t-il pas attendu la retraite pour avouer s’être dopé sur les conseils avisés de son ami Lance Armstrong ? Une fois écartés de la vie politique, les élus ne s’empressent-ils pas de dénoncer, dans des mémoires en plusieurs volumes, les salauds, les lâches, les vicieux et les comploteurs qui hantent les palais nationaux ?
La récente sortie de Philippe Even, pneumologue et ancien doyen de la faculté Necker-Enfants malades, au sujet du tabagisme passif, est un exemple frappant de cette formidable liberté de ton. Ce médecin de 79 ans révélait en début de semaine que la dangerosité du tabagisme passif est un mensonge imaginé par des communicants. Son message, en substance, est le suivant : ce n’est pas parce que le tabac tue qu’il faut fonder une politique sanitaire sur des mensonges.
Dans nos campagnes, on sait depuis longtemps que là où demeurent les anciens, réside une grande part de vérité. Et si nous abusons parfois de l’adjectif« sincère » pour qualifier notre cuisine, c’est parce que nos recettes, issues des savoir-faire des grands-mères gasconnes, reflètent la franchise, la droiture et la spontanéité de celles qui les ont façonnées.
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