Le mois de Mars avait quelques longueurs d’avance sur les beaux jours et les terrasses du restaurant avaient offert des repas bien ensoleillés à des clients assoiffés de beau temps et de chaleur. Les premiers rayons de soleil remplissent ces dernières avec ferveurs et une excitation qui flirte bon avec les vacances. Toutes les réservations sont ponctuées de la même phrase : « Serait il possible de réserver en terrasse ? » L’appel est fort, comme une envie d’évasion, de grand large. Alors quand les menus proposés s’en mêlent eux aussi et que les cartes d’hiver tirent leur révérence pour laisser la place aux cartes du printemps et de l’été, l’euphorie et la légèreté sont à leur zénith. Les salades de jeunes pousses aux asperges vertes précèdent la fricassée de légumes de printemps à la coriandre et laissent clôturer le repas aux salades de fraises du pays à la glace au lait cru fermier. Mais le temps est parfois capricieux et reprend très vite ce qu’il avait offert le temps d’un soupir. Parfois, au détour d’un week end gâché par un froid et une pluie que l’on pensait avoir oublié, on se reprend à remettre un petit pull qu’on avait remisé au placard et à commander un velouté de chou fleur. Il faut laisser le temps au temps, aux saisons de bien faire leur entrée et au mois d’avril de respecter les dictons : « Noël au balcon, Pâques au tison » Quand je vous dis que nos anciens avaient raison.
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