Il y a des choses dans la vie qui ont une mauvaise réputation. Et cela peut durer une éternité. Regardez le topinambour, qui depuis la seconde guerre mondiale pendant laquelle il était devenu un des rares aliments disponible dans les assiettes, se traine toute la noirceur de ces années terribles.
Oublié de tous parce qu’il rappelait trop une période de privations et de misère, c’étaient les cochons qui depuis des années en faisaient souvent leur complément alimentaire quotidien. Pourtant, hier, la malédiction paraissait avoir été vaincue. Le velouté que j’avais dans mon assiette, n’avait rien de repoussant, ni de triste. Le vert amande était des plus doux et la première cuillère fut porteuse d’une saveur subtile qui à aucun moment ne me fit penser à des années, (ne les ayant pas connues), de manque et de famine.
C’était un velouté de topinambour.
Il est vrai pourtant que la mémoire gustative a un lien très fort sur nos habitudes alimentaires. Le topinambour, comme tous ces légumes oubliés, panais, rutabagas et autres cucurbitacées, sont aujourd’hui revenus en grâce, non pas pour une question de mode, mais parce que ce sont souvent les hommes qui font la mauvaise réputation. Les légumes, eux sont naturels et le naturel n’est pas une tendance, c’est une évidence.
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