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À quelques kilomètres de Moscou, dans un hangar qui ne paie pas de mine, six individus s’apprêtent à passer 520 jours dans un module de 180m2.
Objectif de ce séjour à l’écart du monde : la simulation d’un voyage de la terre à Mars, et l’étude de ses conséquences sur la psychologie des astronautes. Pour faire simple, il s’agit de trouver les moyens à mettre en œuvre pour que six types privés de liberté et de repères terrestres pendant 18 mois, parviennent à bon port sans se bouffer le nez ni sombrer dans la déprime. L’affaire semble mal engagée, quand on sait que 100% des passagers seront issus d’une planète où 10 millions de Belges ne sont pas foutus de cohabiter sur 30 000 km2, où les supporters du PSG finissent par se bastonner les uns les autres, et où 70% de la population souffre de déprime hivernale dès que la température descend sous les 10°C.
Toujours est-il que les autorités spatiales ont trouvé 6 individus (3 Russes, 2 Européens et 1 Chinois), capables, comme le rapporte le Figaro, (http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/05/04/97001-20100504FILWWW00328-une-mission-vers-mars-bientot-simulee.php) de prendre une douche tous les dix jours, de garder le même caleçon pendant 72 heures, et de supporter l’absence de lumière naturelle. Et tout cela n’est rien, quand on sait que ces malheureux cobayes consommeront au cours de leur périple 1500 repas aseptisés, constitués d’aliments congelés et de boissons déshydratées.
Sur son site internet, l’Agence Spatiale Européenne affirme que ces voyageurs immobiles éprouveront les mêmes émotions que les futurs conquérants de Mars, à part « la gloire et la sensation d’un vrai vaisseau spatial. » Il ne manquerait plus que ces gugus connaissent la gloire ! S’ennuyer à mourir pendant deux ans, organiser ses journées en trois tranches (8 heures de travail, 8 heures de sommeil, 8 heures de loisir), et ingurgiter de la bouffe congelée insipide, je ne vois pas bien où il y a matière à gloriole.
C’est exactement ce que j’ai vécu à l’internat de mon lycée, et on ne m’a pas remis la Légion d’Honneur pour autant.
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