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La violette de Toulouse

Hélène Vié, l'ultra violette

Fin 2010, elle exportera au Japon la petite fleur mauve réalisant ainsi un partenariat touristique entre Toulouse et Tokyo. Mais ce bout de femme produit la Violette de Toulouse de manière engagée et engageante, chose que les restaurants J'Go apprécient tout particulièrement.

Celle dont on se moquait en 1993 en raillant sa passion immodérée pour la violette, fleur désuète et adulée seulement des personnes d'un autre âge, est aujourd'hui devenue l'ambassadrice de la petite fleur mauve sur la ville : « Je dois tout à la violette », n'hésite pas à dire Hélène Vié qui, on le sent, a encore du mal à comprendre ce succès fulgurant. Selon elle, rien ne la prédestinait à devenir une aficionado de la violette, faisant de sa vie une ode à cette fleur, de sa Twingo violette, à son portable, en passant par sa lingerie et ses sacs ou sa vaisselle. Presque rien, car en cherchant bien dans le flot de ses souvenirs, Hélène avoue avoir toujours été attirée « inconsciemment » par cette couleur : « Enfant, dans le jardin de mes parents, j'adorais déjà les fleurs mauves, les glycines et les clématites ». Comme pour se dédouaner de cette folie incompréhensible, elle ajoute : « Je suis née à Carcassonne dans une famille sans histoire qui m'a transmis le goût du travail bien fait. ».

Vivre ma passion
À 18 ans, Hélène monte à Paris pour rejoindre son fiancé, rencontré sur un terrain de rugby en tenue blanche et… violette. « À l'époque, je collectionne des cartes postales de violette achetées chez les bouquinistes des bords de Seine ». Elle est alors capitaine dans l'Armée de l'Air et travaille sur la base aérienne de Brétigny-sur-Orge. Mutée à Sup Aéro à Toulouse, Hélène donne sa démission en 1993 pour créer sa société, Le Jardin d'Hélène : « Malgré les apparences, ce n'était pas un coup de tête. J'avais seulement envie de déposer les senteurs de violette dans toutes les maisons toulousaines », avoue-t-elle. À l'époque, la Ville rose ne s'occupe guère de la timide fleur considérée comme démodée : « Je devais me lancer dans cette activité. C'était comme une mission à accomplir ».

Une belle aventure
Hélène Vié a toujours considéré la vie comme une aventure dans laquelle on doit avancer sans hésiter : « Je voulais rencontrer des gens, faire des expos autour de la violette et surtout remettre cette fleur au goût du jour ». Autant de projets aujourd'hui réalisés grâce à son désir ininterrompu d'aller toujours plus loin : « Mon quotidien est très rempli, je ne m'ennuie pas une seconde, je bouillonne d'idées ». Il est vrai qu'Hélène a eu aussi la chance d'avoir un compagnon compréhensif, acceptant avec patience la passion frénétique de sa femme : « Il a compris que seule cette activité professionnelle pouvait m'épanouir. Pourtant, cela n'a pas toujours été facile ».

Péniche musée
En 1998, Hélène rachète un rafiot délabré. Le retape, le remet entièrement aux normes et le transforme en musée-boutique de la violette. Aujourd'hui amarrée au canal du Midi, la péniche maison accueille les visiteurs venus faire leurs emplettes de produits dérivés autour de la violette : « Durant quarante-cinq ans, cette péniche a navigué transportant des cuves de pétrole et des céréales. Aujourd'hui elle présente la gamme d'articles élargie de la confiserie jusqu'aux parfums d'ambiance en passant par les produits de beauté et le linge de maison ». Autant d'articles distribués pour deux tiers dans les boutiques de luxe de Paris, d'Italie et de Grande-Bretagne et pour 7 % exportés dans les hôtelleries haut de gamme d'Espagne et des Pays Cathares. « Curieusement, l'étranger est plus demandeur que la région. Cela m'oblige à me dépasser continuellement ». Depuis l'été dernier, la péniche de la violette s'est agrémentée d'un salon de thé en terrasse proposant bien sûr une carte autour de saveurs délicatement violetées.


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