L’instant était propice à la pause, aux échanges, aux parenthèses. C’était l’heure de l’apéritif. Non pardon des grignotages, c’est ainsi que s’appellent au J’GO, ces moments de partage, un verre de vin dans une main, l’autre, tel un papillon au dessus des plats, cherchant de quoi mettre en bouche nos esprits.
Une heure en avion, plus de cinq heures en train, c’est le temps qu’il faut pour parcourir les 590 kms qui séparent la capitale de ma ville, de ma maison, de ce bistrot où mes pas de vagabond trainent souvent. De Paris à Toulouse.
Mais ce jour là, je me rendis compte que les distances s’abolissent parfois juste en mangeant quelque chose, en fermant très doucement les yeux, en laissant parler son palais.
Salades de haricots frais et morue, vérines de radis noirs et de gésiers confits, tempura de légumes oubliés, quand vient le soir au bistrot, les grignotages vous invitent au voyage, vous murmurent des plaisirs.
Quand on m’apporta ma commande, tout devint si simple et naturel. Plus de réservation de billets, d’attende sur un quai de gare, ou dans un hall d’embarquement.
Les champignons de Paris farcis au porc noir de Bigorre et petits légumes, jumelèrent instantanément les deux régions, le temps d’une dégustation, d’un grignotage.
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