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Depuis que la France à remporté le Grand Chelem 2010 en tapant des chandelles comme au temps des frères Underwood, je reconnais qu’il m’arrive de grossir le rang des grincheux. Je le confesse, je prends même du plaisir à endosser le rôle du vieux con de la bouche duquel ne sortent que des critiques ou bien des patronymes de rugbymen au mieux inconnus, au pire disparus. Mais il faut me comprendre : le rugby est devenu trop compliqué. Qu’une équipe perde contre le Tonga et son sélectionneur la blâme de ne pas partager des bières après le match pour se ressouder, que cette même équipe arrose sa victoire en demi-finale avec quelques boissons fermentées et le même sélectionneur s’en fâche tout rouge ; que le board fasse son possible pour simplifier les règles du jeu et les coachs sont forcés de suivre les rencontres avec leur ordinateur portable ouvert devant eux pour y piger quelque chose ; qu’une équipe se fasse dérouiller deux fois et la voilà qualifiée pour la phase éliminatoire ; qu’une autre pratique un jeu offensif alléchant et elle connaît l’élimination … Autant dire ma bonne dame qu’il n’y a pas plus de repères dans le rugby mondial que dans l’éducation de nos jeunes, et qu’une époque où les Anglais perdent en marquant des essais et les Français gagnent sans en mettre un seul ne peut pas conduire le monde sur de bons rails. Par bonheur pour moi, la finale de la coupe du Monde s’accompagnera au J’Go d’une paire d’œufs au plat, d’un peu de ventrêche, d’un verre de vin rouge et d’une omelette baveuse aux cèpes. Car aussi copieux soit-il, je sais bien qu’il y a peu de chances pour que ce petit déjeuner gascon soit l’élément le plus difficile à digérer de la journée.
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