On nous sert des plats tout préparés. Les produits transformés se sont imposés dans les menus et dans les micro-ondes, rendus appétissants par le marketing et la publicité. Ils sont pourtant encore souvent trop riches en sel, en sucre et en gras. Aujourd'hui 80% de nos aliments ont subi un processus industriel. Sans s’en apercevoir, très progressivement, nous sommes tous devenus dépendants d’un mode de consommation où le contact avec les aliments bruts et naturels, s’est perdu. On l’a accepté comme une évidence parce que c’est pratique. Parce que c’est rapide. Tout le monde n'est pas abonné à la même assiette. En fonction du contenu de son porte-monnaie, mais également de son niveau d'éducation. En fonction aussi du temps consacré à faire les courses, à préparer les repas, à décrypter les étiquettes. Jadis, c'était la consommation de viande qui faisait la différence entre les (assez) riches et les (très) pauvres. Aujourd'hui, c'est celle des fruits et légumes qui marque la frontière. Les plus pauvres les trouvent trop chers, ce qui est vrai. Ils en ont perdu jusqu'au goût. Le tristement célèbre docteur Frankenstein avait voulu redonner la vie à un monstre créé de toute pièces à partir de cadavres humains. Tout semble douteux dans cette industrie agro alimentaire, ça sent plutôt la mort que la vie. Cette mort pernicieuse, qui agit lentement, sous couvert du plaisir de la nourriture, de notre insatiable appétit qui en veut toujours plus. Dans le roman de Mary Shelley la créature finit par tuer le docteur Frankenstein.
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