Chaque année vingt six millions de porcs passent à l’abattoir.
Ceux qui vont mourir ne te saluent pas, consommateur despote, feignant l’ignorance et prêt à tout manger pour vu que ce soit joli et moins cher.
La grande majorité de ces porcs ne voient pas le ciel et sont shootés aux antibiotiques. Le « cadran breton », symbole du cochon industriel, a généré un « format » de porc de plus en plus léger (moins de 100 kg) avec de la viande maigre. Or c’est le gras qui donne son goût persillé au jambon.
Alors vous comprendrez combien les deux demandes d’AOC qui sont en cours, le Porc Noir de Bigorre et le Porc Basque sont aujourd’hui des sortes de revanches sur un Bayonne impérialiste.
Si le Porc Noir était aussi élevé pour son gras, c’était parce que celui-ci servait pour la cuisson et la conservation des aliments. Le ciel, les porcs le voyaient tous les jours parce qu’ils étaient élevés en pleins champs, se nourrissaient d’herbes, de châtaignes et surtout de glands. C’étaient les porcs des pauvres.
Il parait qu’on a entendu certains de ces porcs noirs dirent avant leur départ :
« Ceux qui en jambons se transformerontv demain te salueront. »
|