Dans le camion du maraicher qui livre deux fois par semaine les fruits et les légumes que cette terre, qui respire au rythme des saisons, offre au prix d’un travail fait de passion et d’acharnement, il y avait ce matin là, un passager clandestin.
Les salades étaient luisantes de cette rosée matinale capturée quelques heures auparavant. Après avoir caressé du regard toutes ces feuilles verdoyantes je ne pouvais résister à la tentation de les toucher, d’en écarter les premières pour en découvrir le cœur.
C’est là, que devant moi, deux cornes joliment dressées me firent face. Non, ce n’était pas un toro de combat et les arènes n’étaient pas celles de Séville.
C’était un escargot, la tête bien dressée, probablement surpris pendant son sommeil au cœur de cette salade. Surpris de se retrouver en ville, le maraicher le ramena là où les escargots s’endorment dans les salades.
Ce ne sont pas des salades que je vous raconte.
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