Sur le cour des rivières, des amours et du temps.
Leur vie coulait tranquille à l’ombre des platanes
Magrets et cœurs grillés n’étaient pas au programme.
Un doux matin d’automne et quelques mois plus tard
L’éleveur, leur ami, leur père nourricier,
Se saisit de leurs cous et les tordit sans fard
Offrant leurs corps touts nus aux mains du cuisinier.
Surpris mais pas rebelles, élevés en plein air,
Au rythme des saisons et des bons soins du père,
Ils n’avaient de raison de regretter le temps
Où leurs foies et leurs cœurs se nourrissaient toujours
De graines et de racines, de passion et d’amour.
Car voilà bien la cause de ce succès posthume
De ces cœurs de canards au creux de mon assiette.
Les cœurs ont leur raison qu’ignorent les brochettes.
Grillés et parfumés de frites ou légumes,
Partagés et ouverts aux yeux et aux palets
Ils n’ont rien à cacher et dévoilent sans fin
A qui sait savourer, l’histoire d’un terroir
Aux accents du passé
Aux accents de demain.