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Indice géographique perturbé N’en déplaise aux fâcheux qui remettent en cause leur légitimité, les labels alimentaires servent loyalement ceux qui travaillent la terre, élèvent des bêtes et pressent le raisin. En garantissant la provenance, la qualité et le mode de fabrication des produits, ils permettent au consommateur de se payer un luxe rare de nos jours : savoir ce qu’il mange. Certains labels, avouons-le, ont pourtant peu d’intérêt. C’est le cas de celui qui régit les yeux de velours (le label de Cadix), du label poilu qui garantit la qualité des deuxièmes et troisièmes lignes (le label à tifs Benazzi), de celui qui protège les forêts du sultan (le label aux bois d’Oman), du label international qui garantit l’authenticité des cascades au cinéma (le label mondo), du label grec qui atteste des vertus des poires au chocolat (le label hellène), et de celui qui regroupe les chants révolutionnaires transalpins entonnés a mobylette (le label à ciao). Tous les autres sont en revanche indispensables, à commencer par l’Indice Géographique Protégé qui interdit de produire du jambon de Bayonne à Perros-Guirec, de cultiver l’ail rose de Lautrec à Istanbul ou d’affiner le Parmesan à Reykjavík. Je ne vois pas ce qu’il y a de choquant là-dedans. Si l’on remet tout cela en question, pourquoi dès lors ne pas faire passer le tour de France par le Royaume-Uni ou courir le Dakar entre Buenos Aires et Valparaiso ? Soyons sérieux
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