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Lettre ouverte à Benoît XVI
Très Saint Père,
Cet hiver, les clients du J’Go ont repris trois fois des haricots. Ils se sont repus de peau de poulet craquante, puis ont commandé du fromage pour finir le pain, du pain pour terminer le fromage, et ainsi de suite. Et quand le digestif est arrivé sur la table, ils n’ont pas dit non. Je sais que la gourmandise figure sur la liste des péchés capitaux depuis Thomas d’Aquin. Je sais aussi que les arguments du type « Je savais pas moi, que l’Armagnac dans le pain perdu c’était de la gourmandise… sinon j’aurais jamais pris de dessert ! », ou « C’est pas moi, c’est le patron du J’Go qui m’a forcé ! », ne suffiront pas à sauver leurs âmes.
Pourtant, je vous demande d’intercéder auprès de qui vous savez, afin d’effacer cette ardoise. D’autant que, si mes amis sont, cet hiver, coupables de gourmandise, l’éternel n’est pas tout blanc non plus, devant la justice des hommes. Jugez vous-même : déculottée du XV de France à Twickenham : non assistance à personne en danger. Bashung qui casse sa pipe : homicide volontaire avec préméditation. Projet d’autorisation du mélange vin rouge / vin blanc pour élaborer du vin rosé : complicité de crime contre l’humanité… Croyez-moi, par chez nous, ce genre de choses valent perpète. Et perpète, pour l’Éternel, ça risque de faire long.
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