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Par la grâce d’un vote du parlement, la corrida est désormais prohibée en Catalogne, comme la cigarette dans les bistrots et les armes à feux dans les avions de ligne. Si la grande majorité des parlementaires a jugé la course de toros trop cruelle pour la sensibilité des citoyens, elle n’a pas cru nécessaire d’abolir les toros de fuego et autres joyeusetés locales consistant le plus souvent à foutre le feu aux cornes d’un jeune bovin, à le faire poursuivre par des couillons avinés qui lui tapent sur la croupe en hurlant, ou à le précipiter dans la flotte. En réalité, la corrida est abolie pour délit de faciès, parce que trop espagnole.
Cela dit, les Catalans forment un peuple souverain, qui bénéficie du droit de disposer de lui-même, même si ça emmerde les voisins. Dans quelques mois, ils pourront, comme ils l’ont déjà fait pour les arènes de la place d’Espagne, confier la plaza de toros Monumental à un architecte britannique, qui se fera un plaisir de la transformer en centre commercial et en parking aérien. Désormais, plutôt que de se rendre aux arènes, les Barcelonais iront sans doute assister à des matches de rugby, puisque Perpignan a confirmé la délocalisation dans la capitale catalane d’une rencontre de top 14, sans doute au Nou Camp, contre le Stade Toulousain.
Je vois d’ici les Catalans de France et d’Espagne réunis, pousser comme un seul homme derrière l’USAP, dans le temple magique du Barça… à moins que ceux du Sud ne préfèrent à leurs pendants du Nord restés attachés à leur tradition taurine, des Toulousains qui, eux, ont su tourner le dos à la leur, en transformant les arènes du Soleil d’Or en triste lycée d’enseignement général.
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