Notre inconscient cache souvent derrière de mots des choses qui nous répugnent, des choses que l’on veut oublier, parfois par ignorance ou assimilation collective;
Il m’a été donné de constater un cas très significatif sur l’importance de ce qui est écrit sur un menu et de ce qui en découle sur nos désirs et notre commande.
Au menu : Pieds de porc croustillants de noir de Bigorre à la moutarde. Dès la mise en place de cette suggestion et de l’avis des serveurs, peu de gens commandaient ces grignotages. Peut être est-ce le mot pied de porc, ou le mot pied tout court, ou bien alors l’association des deux.
Notre imagination semble alors se perdre toute seule. On pense gélatine, os, on ne se rappelle plus trop, ni de la consistance, ni du goût, ni de l’aspect ; tout simplement parce que c’est un plat oublié, peu consommé et d’avantage lié aux partie peu nobles du porc.
Pourtant il n’y avait rien dans l’assiette qui était devant moi qui rappelait un pied, encore moins de cochon et l’aspect de ces petites boulettes croustillantes au bout de ces piques étaient plutôt attrayant.
Tous mes espoirs furent récompensés dès la première bouchée. Fondants et croustillants à la fois, les pieds de porc étaient un pur délice. L’explication en cuisine était simple, les pieds de porc sont d’abord désossés, puis hachés très fins, assaisonnés à la moutarde et enfin panés puis frits.
La décision fut prise de modifier l’appellation. Les « pieds de porc croustillants » devinrent « croustillants de pieds de porc ». Pas grand chose me direz vous ? Et pourtant, les clients en redemandaient.
Méfiez vous de ce qui se cache derrière les mots et parfois sous un pané, vous risquez d’être surpris.
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