Les trois singes de la sagesse disent que pour être heureux, il ne faut pas voir, ne pas entendre et ne pas parler. Je ne crois pas que cette politique simiesque qui consisterait à se couper des autres, à se cacher et à ignorer le monde qui nous entoure soit la meilleure des choses. Feindre de ne pas être au courant est certes plus facile que d’être en face de la réalité. A ce sujet, il est moins inquiétant et moins préoccupant d’ignorer ce que l’on a dans son assiette du moment que ça rempli le ventre et que ça a un certain goût, quel qu’il soit. C’est là le problème, on ne cherche plus à comprendre, on se contente de ce que l’on nous propose, de ce que l’on nous impose. On cache le goût derrière les mots, les saveurs derrières de jolies images, les senteurs derrières de belles musiques. Mais tous ces mots, ces images et ces musiques n’ont aucun goût, aucune saveur et aucune senteur, elles sont là pour stimuler des neurones qui a leur tour stimuleront des palais. Il suffirait juste de se presser un peu le citron pour que la conscience des choses soit moins aseptisée, moins uniforme et surtout moins fade. Vous êtes vous posé la question de savoir ce qui se cache derrière toutes ces étiquettes qui recouvrent les aliments que vous avalez tous les jours ? Surement pas les heures de travail et d’efforts fournis pas ceux et celles qui défendent avec acharnement, passion et engagement, la terre : les paysans. Ne cherchez pas a déchiffrer des formules dont seuls des chimistes détiennent les clés. Cherchez plutôt à apprécier les savoir faire, les traditions, à vous approprier les vrais goûts, les vraies textures, les plaisirs naturels des aliments. Qui cherche trouve et pour ça il faut prendre le temps de comprendre les choses, celui qu’il faut par exemple à un jambon de porc noir de Bigorre pour arriver dans vos assiettes : 12 mois d’affinage, minimum.
|