J’ai beau avoir du respect pour les sportifs en général et les rugbymen en particulier, je n’en apprécie pas moins les ragots de mains courantes, les bruits de couloir et les rumeurs de vestiaires. Je suis de ceux qui vibrent chaque fois qu’une caméra déflore les vestiaires à la mi-temps, chaque fois qu’un micro laisse entendre le discours mobilisateur d’un capitaine après que son équipe a encaissé un essai, chaque fois qu’un journaliste rapporte in extenso les engueulades entre tel joueur et tel entraineur, tel agent et tel membre du staff technique, tel président et tel sponsor. Je sais bien que les sportifs professionnels s’en plaignent. Je comprends qu’ils se sentent violés, trahis ou vendus. Mais qu’ils pensent un peu à nous, les spectateurs, à notre besoin de scandale, à notre désir de partager la vie secrète des équipes nationales, à notre irrémédiable appétit de savoir, à notre incapacité de souffrir le mystère. Nous ne réclamons guère que cela comme part à prélever sur le gâteau du sport-spectacle. Le reste ne nous intéresse pas. Pas même les confidences des sportifs de ces dernières semaines nous apprenant que Papé vote Hollande, Dominici Sarkozy et Chamakh Bayrou. Ce sont là de drôles de pudiques qui veillent jalousement sur le secret du vestiaire et dévoilent généreusement celui de l’isoloir.
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