Boas La cuisine somnolait. Le jour se levait tranquillement en cette première journée d’automne. Marmites, cocottes, et poêles n’étaient ni dans les fours, ni sur les feux. Une douce pénombre transformait l’espace et tous les objets. Couteaux, louches, spatules et autres casseroles paraissaient gigantesques et inquiétants. Au détour de l’imposant plan de travail, une forme à la fois familière et surprenante m’arrêta brusquement. Comme endormi au fond du plat, la spirale de chair, ne bougeait pas. Je cherchai en vain la tête et la queue de l’animal. Je savais pourtant qu’au J’GO, il n’y avait pas de poissons au menu et que seuls les porcs, les agneaux et les poulets, dormaient dans les frigos, se réveillaient en cuisine et ravissaient les palais des convives. Alors quel était c’est animal enroulé sur lui même qui me faisait face ? Allait-il, si le dérangeait dans son sommeil, se jeter sur moi. Étais ce un serpent, un boa peut-être, vu sa taille ? Tout était bon pour alimenter mon imagination et ma peur des reptiles. - Alors vagabond, tu regardes la saucisse au porc noir ? - La saucisse au porc noir ? Ah oui, je la trouvais splendide. Succulente bien avant qu’elle soit dans l’assiette. A midi, quand je vis un morceau de saucisse émerger du cassoulet que l’on venait de me servir, c’est avec un sourire quelque peu ridicule, que j’accueillis le reptile.
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