|
La ligue du gentleman extraordinaire
Ce ne sont jamais les véritables inventeurs, les vrais créateurs, les découvreurs authentiques qui connaissent la gloire. C’est une règle immuable. Bien que l’on sache avec certitude que les Vikings ont été les premiers à poser le pied sur le sol américain, on continue de célébrer Colomb. C’est ainsi. Et la chose se répète à l’infini. Prenez les élections américaines : les médias nous bassinent avec le premier président noir de l’Histoire, le premier afro-américain en tête des sondages à moins d’une semaine de l’élection, le premier au monde, le premier de tous les temps, le premier de l’univers. C’est pas que je veuille plomber l’ambiance, mais par chez nous on n’a rien à envier à l’amicale de la bannière étoilée. Depuis 10 ans le président de la Ligue Nationale de Rugby est un métis né au Vénézuela. Pourtant, je n’ai jamais vu Serge Blanco à la Une du New-York Times alors que Barack Obama squatte littéralement les couvertures de nos magazines. Et, que je sache, Barack n’a pas remporté le tournoi des V Nations et bossait encore comme analyste d’affaire à Chicago quand Blanco qualifiait la France pour la finale de la Coupe du Monde de Rugby en marquant un essai d’anthologie contre les Australiens. Et comme en plus d’être un héros Serge Blanco est un gentleman, il quittera la ligue fin novembre pour ne pas faire d’ombre à Barack. Le J’GO lui aussi a choisi de ne pas faire d’ombre aux élections américaines en décidant d’ouvrir son nouveau site internet deux semaines avant cette échéance. On est comme ça par chez nous. Des gentlemen…
|