|
Pis que pondre
En 2012, l’utilisation de cages traditionnelles en batterie pour l’élevage des poules pondeuses sera définitivement prohibée dans les pays de l’Union. À première vue, c’est une bonne nouvelle, mais en réalité, la directive européenne n’exigera rien d’autre que l’emploi de cages aménagées avec nid, litière et perchoir, d’une surface de 750 cm2, soit un espace d’à peine plus de 27 cm de côté. 27 cm, ça suffisait à Gareth Edwards pour filer à l’essai le long de la ligne de touche, mais ça n’a jamais rendu une poule heureuse, sauf bien entendu les poules de luxe, qui comme chacun sait, ne pondent pas.
Bien entendu, certains font encore mine de ne pas voir le mal dans l’élevage en batteries, à commencer par quelques chercheurs suédois, qui publiaient en janvier dernier les résultats d’une étude hallucinante. D’après ces scientifiques scandinaves, les volailles en batterie seraient plus saines que les volailles fermières, car moins exposées aux virus et aux agressions extérieures. Difficile d’argumenter après un tel enfoncement de porte ouverte. Autant contester qu’une équipe qui n’attaque pas ne risque pas de prendre un essai en contre ou que 100% des gagnants du loto ont tenté leur chance. La seule chose que je puisse faire pour convaincre ces vikings en blouse blanche, c’est de pousser leurs drakkars sur les coteaux de Grazimis, à Condom, là où piaulent les poulets que vous consommez au J’Go, sous un ciel immense, dans la brise d’été, sur de vastes étendues herbeuses. Qu’ils s’assoient un instant à la table de nos amis éleveurs, qu’ils hument l’air tiède du soir et trempent les lèvres dans un vieil Armagnac. Car aussi vrai que le confinement dans les cages modifie le comportement des poules pondeuses, j’ai bien peur que le cantonnement dans les laboratoires n’altère le jugement des chercheurs suédois.
|