Les embrouilles dans la vie, parfois on les cherche, on les provoque, alors que la journée semblait parfaitement commencée. Réveil en douceur, petit déjeuner harmonieux et juste avec le temps qu’il faut pour le prendre. On zappe les infos et les prévisions météo du matin, trop noires et jamais franchement optimistes. On verra en sortant. Le trajet s’annonçait « normal », le train était à l’heure, tous les voyageurs anonymes qui chaque jour accompagnaient mon déplacement étaient sur le quai.
Le départ était donné, les embrouilles étaient embusquées un peu partout, il suffisait d’aller les chercher. Une place assise dans le train qui ne se libère pas pour une personne âgée, une interdiction de fumer que l’on ne respecte pas et qu’on revendique, un refus de priorité, un regard toujours perçu de travers, une impatience systématique pour toutes les attentes, quelles qu’elles soient, un ton toujours au dessus.
Dans notre beau pays, il semble flotter une espèce d’exaspération chronique qui frise le mécontentement permanent. On passe la journée à les chercher (les embrouilles).
Alors quand il s’agit de manger, c’est à dire se poser, partager à table du temps, des bons plats, des bons vins, une compagnie, on pourrait penser que ces discordes et ces tensions disparaissent.
Et bien non, il faut manger vite, n’importe comment, n’importe quoi parfois, pourvu que l’on n’attende pas trop. Encore des embrouilles. C’est pour ça que ce jour là au bistrot du J’GO, j’ai commandé une brouillade aux truffes, histoire, une fois n’est pas coutume, d’éviter les histoires sans queue ni tête. Enfin du goût.
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