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L’ère du gouteur
Depuis l’escapade parisienne de la famille Obama la semaine dernière, la France découvre que le président américain bénéficie des services d’un gouteur. Cet agent des services secrets trempe, paraît-il, ses lèvres partout où l’homme le plus puissant du monde plante sa fourchette. Mieux vaut faire ça sous Obama, que le contraire sous l’ère Clinton. Cette information, révélée par un cuistot de « La fontaine de Mars », le resto so french où la famille Obama a choisi de dîner, démontre clairement que le métier de goûteur a plus d’avenir que celui de trader ou d’employé de firme internationale de pneumatiques. En fouillant un peu dans les archives de la presse internationale, on découvre que Lance Armstrong, au sommet de sa gloire, n’avalait jamais rien qui n’ait été préalablement testé par son goûteur. On apprend même que les grandes compagnies qui acheminent l’eau du robinet, font appel à des goûteurs bénévoles pour déterminer les nuances de chlore, de médicaments, de terre ou de moisi exhalées par la flotte. Le rêve. Reste que, malgré le nombre incalculable de commentaires suscités par le goûteur d’Obama dans la presse, personne ne semble vouloir se poser cette question cruciale : Sachant que la science permet aujourd’hui de détecter en quelques secondes la présence de poison dans un aliment, pourquoi le président des Etats-Unis salarie-t-il un type pour goûter ses plats quand il se déplace sur le sol français? Je vous laisse répondre à la question vous-mêmes. Ça n’a peut-être rien à voir, mais généralement, chez nous, au J’Go, les gens qui viennent goûter nos plats ne le font pas pour des tiers, et en profitent pour finir leur assiette. Question d’appétit sans doute, de savoir vivre, sûrement.
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