D'abord elles l'ont suivi du regard et l'ont trouvé mignon tout en s'étonnant de le voir si frêle, si "peu de chose" comme l'on dit en chalosse. Mais les femmes ne se trompent jamais. Elles savent illico percer le coeur des hommes. Julien a parlé d'une voix douce. Il a évoqué sa blessure du 31 juillet à Beaucaire, sa saison fichue, sa longue, trés longue réeducation. Les questions ont fusé sur sa carrière, la confirmation à Madrid, le caractère d' El Juli ou d'Enrique Ponce.On lui a demandé ses peurs, la technique, les yeux du toro qu'il compare à ceux d'"ET", le martien de Spilberg. Julien était écouté comme personne ne l'a été au cours des soirées du J'Go de Paris. Il y eut des silences de Maestranza et des olés de Mexico. Au -delà de son métier si particulier de torero, de cette carapace d'ors et de lumières qui rend les matadors innacessibles, les gens ont découvert un type formidable, un amoureuxde la culture, un fou de sport, un passionné de literrature. Et ce sans jamais l'étaler ni en rajouter.
Julien Lescarret est resté jusqu'a 2h du matin.Nous l'observions du coin de l'oeil. A chacun qui l'interrogeat à huis clos il eut un mot. Le mot . Celui qui laisse des traces indélébiles, celles d'une tendresse et d'une intelligence hors du commun. J' ignore, tout en le souhaitant, si Julien deviendra un grand torero. En revanche je suis sûr de son destin. Ce type formidable écrira sa vie de façon merveilleuse.
ZOCATO
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