En ce mois d’octobre, le temps était devenu froid, surtout aux premières lueurs de l’aube quand les premiers rayons du soleil ne réchauffaient encore, ni les corps, ni les esprits. En cuisine, la plage paraissait déserte et le bruit de l’eau qui bouillait dans les marmites, rendait l’atmosphère apaisante. Le temps ne se prêtait pas au bronzage, mais pourtant derrière les casseroles et les poêles qui se préparaient aux fritures et aux « mijotages », une dizaine de corps à la peau ambrée et délicieusement caramélisée se prélassaient en silence. Enfin, quand je dis en silence c’est parce qu’il me semble que le pain ne parle pas. Ah oui ! J’ai oublié de vous dire que ces corps impatients étaient des tartines de pain. Mais pas n’importe quel pain. Le pain de la veille, trempé dans un mélange d’œuf et de lait (une sorte d’huile solaire contre les brûlures du soleil), frit à la poêle et tendrement caramélisé. Tout simplement. Ces starlettes au teint hâlé et croustillant, faisaient partie de ces souvenirs d’enfance, puis d’adolescence et aujourd’hui « d’adulte » qui s’appelle le PAIN PERDU. Ce serait mentir que de dire qu’à chaque fois que je vois une sirène sur une plage je pense à un pain perdu. Mais ce qui est vrai, c’est qu’à chaque fois que je mange du pain perdu, mes pensées ne se cantonnent pas à mon enfance….. Douceur.
|