Je ne sais pas si la réincarnation existe mais le pire des cauchemars serait de revenir sur cette terre en poulet.
Aucune autre catégorie d‘animaux terrestres ne paie un tel tribut à nos assiettes, dans une indifférence quasi totale. Avec le poulet « classique » soit près de 55% de la consommation de volailles on est dans la monstruosité et la barbarie la plus totale.
Voici en quelques frissons, la vie et la mort de ces poulets.
C’est un accouveur professionnel qui transforme des millions d’œufs en poussins d’un jour qui ne connaitront jamais, ni leur père, ni leur mère, ni une présence humaine. Dans des bâtiments sans fenêtres, sous lumière artificielle ils vivent au sol, avec une densité habituelle, pour un poulet ordinaire non label, de 22 par mètre carré. Leur nourriture industrielle (céréales, « produits énergétiques » : graisse, suif, farines de viandes, et d’os, et supplantations de produits chimiques) arrive automatiquement.
La nourriture représente 65% du prix de revient d’un poulet. Il faut donc en produire un maximum sur un minimum de place avec la croissance la plus rapide possible. L’abattage a lieu à 6 ou 7 semaines pour un poids moyen de 1, 7 kg. Un poulet a naturellement une durée de vie de 6 ou 7 ans.
Savez vous que vous mangez souvent ….un gros poussin.
J’ai pourtant croisé des poulets heureux, de leur naissance, à l’assiette en passant par l’abattage. Loin de rechercher les labels, ils ont pourtant vu le jour, grandi et se sont présentés dans nos plats, accompagnés par des hommes et des femmes respectueux du temps et sans compromis. Ça existe aussi.
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