Chaque société possède ses codes, ses règles, sociétales et économiques. Nous nous inscrivons tous, plus ou moins, dans ces schémas. Chaque époque génère aussi des tendances, des modes, des attitudes, de plus en plus conditionnées, suggérées et imposées par une évolution industrielle et technologique qui fait de nous des consommateurs effrénés et parfois même irresponsables.
J’étais assis en train de déguster un verre de vin blanc sec de chez Pellehaut, quand je me rendis compte que mes trois voisins et voisines de comptoir avaient tous posé près d’eux, le même instrument. A côté de leur consommation, leur téléphone portable occupait une place de choix, prêt à se déclencher à la moindre vibration.
Je ne voyais plus que ça, un alignement de portables, un nouveau code de reconnaissance, qui de temps en temps interrompait les conversations, les grignotages et les saveurs des vins en bouche. Alors parfois, comme pour exorciser les moments de silence de ces prothèses auditives de communication, tous laissaient trainer les regards sur les écrans noirs, réactivaient la touche « messages reçus », « appels en absence », ou « flashs de dernière heure ».
Tout ça était bien triste et pathétique. Les histoires de comptoir ne sont plus des histoires de vie mais des récits inachevés dont on écrit souvent la fin, tout seul, quand le téléphone est éteint.
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