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Les particules alimentaires
À choisir on préférerait la joie, l’exaltation ou l’allégresse, mais le sentiment le mieux partagé entre Noël et la Saint-Sylvestre est la culpabilité. L’apéro de trop, le foie gras mi cuit qui fait de l’œil, le jus palpitant comme un cœur sous la peau brune d’une cuisse de dinde qui sort du four, les circonvolutions crémeuses de la bûche glacée, les bulles du champ qui jouent le chant des sirènes, l’Armagnac qui brûle la gorge et cajole l’esprit, le sucre inutile dans le café brûlant, le chocolat qui dit pourquoi pas et la pâte d’amande qui rosit de bonheur à l’idée de mourir sous nos dents, prise en sandwich par deux cerneaux de noix… Avant les 12 coups de minuit du 31 décembre, nous trahirons ainsi nos promesses de mesure et de pondération mille fois formulées avant les premiers repas de fête. Et nous nous sentirons coupables… à moins que la recherche scientifique ne nous délivre du mal. Jugez plutôt : deux études menées ces derniers mois par des types sérieux en blouse blanche montrent que nous ne sommes pas si fautifs que cela. La première de ces études, réalisée par des chercheurs écossais, montre que le gène FTO est responsable de tout un tas de désordres alimentaires, notamment le penchant pour le sucre et le goût pour les effluves dégagées par les cuisines des fast food. Les résultats de la seconde étude (menée aux Etats-Unis par des universitaires du Michigan) laissent quant à eux entendre que le cerveau, chargé de contrôler l’appétit et de réguler la balance énergétique, est responsable des dérèglements qui conduisent à l’embonpoint ou à l’obésité.
Ami lecteur si tu reprends trois fois des frites, c’est la faute à tes gènes ! Et si tu ne rentres plus dans ton falzar, c’est la faute à tes neurones.
Alors, bon appétit. Joyeux Noël. Et vive la science !
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