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Une publicité diffusée ces jours-ci à la télévision, vante les mérites d’un jambon 100% naturel. C’est bête, mais à première vue, ça m’inspire plutôt confiance. D’autant que, comme tous les enfants de ma génération, j’ai grandi avec cette marque bien connue, qui diffuse depuis des lustres des spots bucoliques dans lesquels des marmots en bermuda fabriquent des moulins à eau au bord de la rivière, avant de faire griller des saucisses industrielles sur les braises d’un feu de bois.
Pourtant, à la réflexion, je me demande bien à quoi pourrait ressembler un jambon à 80% naturel et 20% artificiel ou, pire encore, à 90% naturel et 10% surnaturel. À rien, bien entendu. Il faut parfois accepter de jouer le rôle du pigeon, et reconnaître, fair-play, le talent des publicitaires.
Si je suis conscient que la Guiness ne fait pas gonfler les biceps, que le bonheur n’est pas aussi simple qu’un coup de fil et qu’EDF a beau nous devoir plus que la lumière, ça ne l’empêche pas d’envoyer des lettres de menace dignes du corbeau de l’affaire Grégory quand on se rend coupable de 72 heures de retard de paiement, je ne me suis pas rendu compte qu’un jambon 100% naturel n’est jamais qu’un jambon tout court.
Aussi, en toute transparence, et afin d’éclairer ceux qui, comme moi, ont tendance à mal décoder les messages, sachez qu’au J’Go les moutons de Barèges-Gavarnie n’habitent pas tous le centre-ville de Barèges, que le pain perdu d’Huguette n’est pas préparé par elle mais par des cuisiniers qui appliquent sa recette, que quand on écrit sur l’ardoise « Le gigot d’agneau et ses haricots tarbais », cela ne signifie pas que les haricots appartiennent, à proprement parler, au gigot, que le « riz au lait façon grand-mère » ne porte ni gaine, ni dentier, ni bigoudis, et que les « crêpes comme à la maison » ne vous autorisent pas à vous déchausser pour les engloutir en bavant. Il fallait que ce soit dit.
On ne veut pas d’ennuis avec le Bureau de Vérification de la Publicité.
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