Il était une heure de l’après midi quand nous étions encore entrain de découvrir les dernier secrets d’un élevage de porcs noirs du Bigorre, au milieu d’une immense prairie vallonnée.
Entourés d’une quarantaine de porcs, tout juste âgés de six mois mais qui imposaient déjà le respect, le temps semblait s’être arrêté. Un autre rapport au monde, une autre perception et une autre appréciation des choses. Je n’aurais jamais imaginé ça d’un porc. J’étais pourtant bien loin de Freud, Kant ou de Hegel.
En parlant de temps, celui du repas s’approchait de plus en plus et notre départ aussi. L’invitation arriva sans se faire attendre, naturelle, authentique, du cœur.
- Vous restez manger avec nous ?
- C’est à dire qu’on ne voudrait, ni vous déranger, ni partir comme des voleurs en se levant de table. On sait aussi que vous avez beaucoup de choses à faire cet après midi et...
- C’est d’accord, vous mangez avec nous. Juste quelques trucs, comme ça, à la bonne franquette ; histoire de partager.
De ce pré où nous étions à la table familiale, il n’y eut que de deux kilomètres, deux assiettes de jambon (de porc noir), une assiette de saucisse (de porc noir), une assiette de tomates (tardives et du jardin) et du bon pain. Le vin était de table et du terroir, donc bon et convivial.
Le repas était improvisé, du moins en avait l’apparence. C’est pourtant vrai que les choses les plus simples sont les meilleures. Dans l’élevage de ses porcs noirs et la transmission de son savoir faire, notre ami perpétuait aussi le sens de l’accueil et du partage de ces gens de la campagne, cette vérité qui commence en faisant passer l’assiette et en disant : « Allez, sert toi ! ».