|
Le football c’est emmerdant, parce que l’État fourre son nez dedans. Et que je te fustige le salaire des joueurs pour relativiser les revenus de grands patrons, et que je te demande, avec d’autres tribuns de l’Assemblée nationale, la tête de Domenech, et que je te dénonce, en tant que secrétaire d’État aux sports, le comportement de la Fédération, et que je me mêle de la sécurité aux abords des stades sous prétexte qu’il y a des morts, et que je te donne, entre deux interviews de campagne, mon opinion sur l’état de forme de Thierry Henry, et que je te refais le match à la radio, et que je te ressors dans un élan gluant de démagogie l’abonnement de mon père dans en tribunes populaires, etc…
Alors que faire ? S’intéresser au rugby ? Le rugby, c’est emmerdant, parce que les banques fourrent leur nez dedans. Et que je te compare les valeurs de ma boutique à celle du rugby à XV, sans préciser que c’est surtout parce qu’une fourchette faite en douce à un brave type fait aussi mal qu’un prêt de 5000 € refusé à de braves gens, et que je te monte en épingle le fait d’être partenaire financier de la Fédé depuis des lustres au nom de la fidélité, alors que c’est simplement parce que sponsoriser le football est devenu hors de prix, et que je te fais croire dans mes spots publicitaires qu’il règne dans les agences bancaires le même esprit d’équipe qu’à l’Aviron Bayonnais, et que je t’insinue qu’en semaine, les joueurs travaillent à la banque du coin etc…
Pour oublier, ne serait-ce que quelques minutes, ces tristes constats, il ne reste plus qu’à s’envoyer quelques asperges et un bon magret-frites au J’Go. Et encore...
Le J’Go, c’est emmerdant, parce que les rabat-joie fourrent leur nez dedans. Et que je t’explique que le foot, c’est emmerdant, parce que l’État fourre son nez dedans…
|