Il y a près de cent ans, dans les campagnes gersoises et d’ailleurs, la cuisine était d’abord et souvent une affaire de femmes.
L’espionnage aussi, très peu dans le Gers mais très répandu dans le reste du monde. Les espionnes ayant un avantage sur les espions : le charme.
Exception faite de James bond qui est un espion de cinéma.
L’espionne dont on m’a raconté les aventures était bien gersoise, méconnue des services secrets français et pour cause, c’était une espionne paysanne. G….Meliet habitait……
Après le travail dans les champs, c’est en cuisine que… exerçait ses talents. Cuisine de traditions, de mémoire, parfois de précarité, souvent d’arrangements avec la terre et la vie. Elle grignotait toujours quelque chose, en cuisine ou en bout de table, ne s’asseyait jamais aux repas, toujours en partance.
Alors une fois qu’elle avait servi tout les siens, elle disparaissait et personne ne savait où elle allait.
Certains racontent l’avoir vu parcourir les vignes et les champs des voisins environnants pour en humer leurs petits secrets et leurs états d’âme.
Pas d’appareil photo, ni de dossiers compromettants, juste ses yeux et sa mémoire, ce respect de la famille et des siens face au monde.
Pour elle, jamais le monde ne s’étendit au-delà de 50 kilomètres.
Ces secrets, souvent de clocher, parfois de polichinelle, alimentaient les veillées près de la cheminée, les regards sur les places les jours de marché, les recettes de cuisine jalousement gardées, les ragots des anciens, les saisons d’une vie.
|