Il ya des jours où rien ne se passe comme on l’avait prévu, des jours « sans » comme on dit. Mais sans quoi ? Pourtant je n’ai vraiment pas de raisons de me lamenter sur mon sort. Même si je suis un vagabond, j’ai tout de même l’essentiel. Un toit, de quoi manger tous les jours, des gens que j’aime et qui m’aiment. Pourtant aujourd’hui je me sens bien seul, un regard bien triste croisé ce matin, un rendez vous manqué ce midi et ce repas en solitaire devant lequel je suis et que je n’ose pas commencer. Les mots et le sourire du serveur sont transparents et je dis oui à tout. Je ne sais même pas ce que je viens de commander. Un saladier de tomates et poivrons aux oignons nouveaux est posé devant moi. Ce doit être une des entrées. La lecture de la carte me le confirme. Les premières saveurs me caressent le palais. Mes yeux quittent l’assiette et regardent tout autour. Je ne suis pas seul. Magret de canard à l’ail et aux pêches. C’est vrai, nous sommes en été. Ce doit être le plat. C’est bien ça. J’entends maintenant les gens parler. Nage de pêches et nectarines à la verveine. J’ai l’impression que je fais partie des invités. Le dessert fait briller mes yeux de plaisir. - Pouvez-vous me faire passer du pain s’il vous plait ? Mon compagnon de table chasse définitivement mon « blues de pacotille ». J’ai envie d’un café.
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